Face à la flambée des prix de l’énergie sur le marché international, le gouvernement guinéen a décidé de maintenir le prix du carburant à 12 000 francs guinéens le litre, au prix d’un effort budgétaire considérable. Devant les députés, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a annoncé des pertes de recettes estimées à 4 576 milliards de francs guinéens, auxquelles s’ajoute une provision de 913 milliards GNF destinée à soutenir le mécanisme de stabilisation des prix des produits pétroliers.
Présentant le projet de loi de finances rectificative devant l’Assemblée nationale, la ministre a évoqué un contexte économique international marqué par de nombreuses incertitudes, notamment les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la prolongation de la guerre russo-ukrainienne et les perturbations des circuits d’approvisionnement.
« À l’échelle internationale, l’économie mondiale traverse une période de forte turbulence. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la prolongation de la guerre russo-ukrainienne et les perturbations des circuits d’approvisionnement alimentent la volatilité des cours de l’énergie, renchérissent les importations et pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages », a-t-elle expliqué.
Pour Mariama Ciré Sylla, cette situation affecte particulièrement la Guinée, dont l’économie demeure fortement dépendante des importations, notamment en matière de produits pétroliers, de biens et services ainsi que de denrées alimentaires.
« Cette situation constitue un défi majeur pour nos équilibres budgétaires, la compétitivité de nos entreprises et la vie quotidienne de nos concitoyens », a souligné la ministre.
Malgré ces contraintes extérieures, l’argentière de l’État assure que les autorités guinéennes ont privilégié la protection du pouvoir d’achat des populations, contrairement à plusieurs pays de la sous-région qui ont procédé à une augmentation des prix du carburant.
« Face à ces chocs que nous ne maîtrisons pas, la Guinée a fait le choix de la solidarité nationale, consentir à un effort budgétaire exceptionnel pour maintenir le prix des produits pétroliers à 12 000 francs guinéens le litre », a-t-elle déclaré.
Selon elle, cette décision vise essentiellement à limiter les répercussions de la hausse des cours internationaux du pétrole sur les dépenses quotidiennes des ménages et le fonctionnement des entreprises.
« Ce choix qu’on a fait vise à amortir autant que possible la transmission des hausses internationales au coût de transport, aux activités économiques et au panier de la ménagère. Il traduit une volonté claire, faire de la protection du pouvoir d’achat une priorité tout en préservant la stabilité macroéconomique », a insisté Ciré Sylla.
Cette orientation gouvernementale n’est toutefois pas sans conséquences sur les finances publiques. Dans les ajustements prévus par le projet de loi de finances rectificative, la ministre a annoncé « la prise en compte des pertes de recettes consenties pour un montant de 4 576 milliards de GNF afin de maintenir le prix des produits pétroliers à 12 000 francs guinéens le litre pour nos concitoyens ».
À cette mesure s’ajoute « l’inscription d’une provision par ailleurs de 913 milliards de francs guinéens destinés à soutenir le mécanisme de stabilisation des prix des produits pétroliers ».
Au-delà de la question du carburant, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget a fait état de plusieurs réajustements des prévisions macroéconomiques du pays. L’objectif de croissance économique a ainsi été revu à la baisse de 0,9 point de pourcentage, pour s’établir désormais à 8,6 %, notamment en raison de l’environnement international.
Le gouvernement prévoit également une révision à la baisse de 2,5 % du produit intérieur brut nominal, tandis que le taux d’inflation moyen est relevé à 5,2 %, contre une prévision initiale de 3,5 %.
Enfin, Mariama Ciré Sylla a annoncé une révision à la baisse des charges financières de la dette, à hauteur de 648,1 milliards de francs guinéens.
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