Ce lundi, à l’occasion de l’ouverture des travaux consacrés à la présentation et à la validation des avant-projets de la politique nationale foncière et de la politique nationale agricole, la ministre de l’Agriculture, Aminata Kaba, a mis en avant l’importance stratégique du foncier dans le développement de la Guinée.
Dans son intervention, la ministre a rappelé que le foncier constitue un enjeu central pour le développement économique, social et environnemental du pays. Selon elle, il représente « un levier fondamental de la sécurité alimentaire, de la stabilité sociale, de la gestion durable des ressources naturelles et de la prospérité des générations futures ».
Elle a également souligné que, dans le cadre du programme Simandou 2040, porté par le président de la République, Mamadi Doumbouya, la question foncière revêt une importance capitale.
« Sans une gouvernance foncière claire, inclusive et durable, les ambitions de diversification économique et de transformation structurelle de notre pays ne sauraient être pleinement atteintes », a déclaré Aminata Kaba.
La ministre a salué la tenue de cet atelier conjoint autour de deux documents de politiques générales et sectorielles, estimant qu’il illustre « la qualité de la collaboration institutionnelle » entre les départements ministériels concernés ainsi qu’une volonté commune « d’harmoniser les politiques publiques dans l’intérêt supérieur de la nation ».
Revenant sur les ambitions du programme Simandou 2040, elle a indiqué que ce projet dépasse largement son volet minier et infrastructurel pour devenir « une véritable feuille de route pour bâtir une Guinée prospère où l’agriculture et la gestion foncière jouent un rôle central ».
Dans ce contexte, Aminata Kaba a insisté sur le caractère collectif de la problématique foncière. « La question foncière reste une responsabilité collective. Elle exige de nous une vision claire, une gouvernance rigoureuse et une action concertée à tous les niveaux », a-t-elle affirmé.
La patronne du département de l’agriculture a expliqué que sur le plan économique, le foncier constitue la base de la productivité agricole et de la sécurité alimentaire, notamment à travers un accès sécurisé, équitable et durable aux terres agricoles. Sur le plan social, il représente un facteur de stabilité et de cohésion nationale grâce à la prévention des conflits liés à l’accès aux terres. Enfin, sur le plan environnemental, il demeure au cœur de la préservation des ressources naturelles et de la durabilité du développement, conformément aux objectifs de transition écologique du programme Simandou 2040.
Abordant la question du cadre juridique, Aminata Kaba a estimé que la législation foncière actuellement en vigueur reste « inadaptée aux réalités actuelles ». Elle a rappelé que la recommandation majeure numéro 2 invitait le gouvernement à élaborer une loi foncière agricole cohérente et inclusive, prenant en compte les spécificités agro-pastorales et halieutiques.
Selon elle, cette orientation est désormais intégrée dans l’arsenal juridique guinéen grâce à la loi L 2024-007-CNT portant orientation agricole, promulguée en mai 2024. « Cette avancée traduit notre volonté de donner au foncier agricole une place centrale dans la stratégie nationale de développement », a-t-elle souligné.
La ministre a également indiqué que depuis 2021, son département a conduit un vaste processus participatif de dialogue multi-acteurs à travers plusieurs ateliers nationaux de concertation.
Cette démarche a permis l’élaboration d’un avant-projet de politique foncière agricole articulé autour de 76 mesures couvrant l’ensemble des enjeux du secteur. Parmi les principales innovations, Aminata Kaba a cité la prise en compte de toutes les catégories de producteurs, des grands investisseurs aux exploitants familiaux, avec une attention particulière accordée aux femmes et aux jeunes.
Elle a également évoqué le traitement spécifique des questions foncières liées aux aménagements hydro-agricoles, jugés essentiels à l’intensification durable de la production agricole.
Par ailleurs, cette politique prévoit la reconnaissance et la sécurisation des droits fonciers légitimes, individuels et collectifs, la lutte contre la spéculation et la concentration excessive des terres, la facilitation de l’accès des producteurs au crédit, ainsi que l’amélioration de la prévention et de la gestion des conflits fonciers agricoles.
Pour finir, la ministre de l’Agriculture a assuré que cette politique foncière agricole s’inscrit pleinement dans la vision du programme Simandou 2040, qui ambitionne de transformer les retombées économiques du secteur minier en opportunités concrètes pour l’agriculture grâce aux infrastructures, à l’énergie et au financement.
« Elle constitue un socle pour bâtir une Guinée résiliente où l’agriculture moderne et durable devient un moteur de prospérité nationale », a conclu Madame Kaba.














