Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah, a affiché l’ambition des autorités guinéennes de transformer profondément le secteur numérique national à travers des investissements structurants dans les infrastructures digitales.
S’exprimant autour du projet de câble sous-marin Medusa, le ministre a expliqué qu’à son arrivée à la tête du département, il a découvert un secteur « dynamique » porté par des acteurs engagés et une demande croissante, mais confronté à d’importantes contraintes structurelles. « Aujourd’hui, la connectivité internationale de la Guinée repose essentiellement sur une seule infrastructure, quasiment saturée. Dans le même temps, la demande des données augmente de plus de 30 % sur le continent africain », a-t-il indiqué.
Selon lui, l’explosion des usages numériques en Guinée — notamment les services financiers digitaux, les plateformes numériques, l’administration en ligne et l’éducation à distance — impose désormais une modernisation urgente des infrastructures. « Pouvons-nous soutenir une telle dynamique avec un seul point d’accès au monde ? La réponse est non », a insisté le ministre.
Pour Mourana Soumah, le projet Medusa constitue donc un choix stratégique destiné à sécuriser la connectivité du pays, renforcer sa résilience numérique et soutenir la croissance de l’économie nationale. « En dotant la Guinée d’un second câble sous-marin, nous créons les conditions d’une montée en puissance de notre économie numérique, qui va forcément impacter l’économie réelle », a-t-il souligné.
Le ministre a rappelé que plusieurs études internationales démontrent qu’une augmentation de 10 % du taux de pénétration du haut débit peut générer un à deux points de croissance supplémentaires du PIB. Il a également comparé le poids du numérique dans certaines économies africaines et mondiales : « L’économie numérique représente aujourd’hui près de 50 % du PIB de la Chine, 14 % en Côte d’Ivoire et 12 % au Sénégal. La Guinée est à 4 %. Cela montre que nous avons une importante marge de progression. »
Selon lui, aucun développement numérique durable n’est possible sans infrastructures solides. « Il n’y a pas d’économie numérique sans infrastructures numériques », a-t-il martelé, ajoutant que le projet Medusa permettra également de sécuriser le système financier, accélérer la digitalisation de l’administration publique et offrir davantage d’opportunités aux entrepreneurs guinéens.
Le ministre a aussi évoqué une récente mission effectuée au Kenya, qui a renforcé sa conviction sur la nécessité pour la Guinée d’investir massivement dans les infrastructures numériques. « Au Kenya, ils ont des usines d’assemblage de téléphones. Ils ont des usines de production de fibre optique. Cela crée une véritable dynamique dans toute l’Afrique de l’Est », a-t-il fait remarquer.
S’inspirant de cette expérience, Mourana Soumah estime que la Guinée doit désormais se tourner vers des projets industriels et technologiques capables de créer de l’emploi et de générer davantage de revenus pour les populations. « La Guinée, nous devons aller vers ces grands projets structurants qui doivent créer l’emploi et des revenus pour nos concitoyens. Seules les valeurs ajoutées créées localement permettront à la Guinée d’avoir un niveau de PIB très élevé et inclusif », a-t-il déclaré.
Le ministre a également mis en avant l’avance du Kenya en matière de déploiement d’infrastructures numériques. Selon lui, ce pays dispose déjà de près de 14 000 kilomètres de fibre optique, avec un objectif de 40 000 kilomètres à moyen terme et une cible finale de 100 000 kilomètres.
À titre comparatif, il a indiqué que la Guinée dispose actuellement de 4 325 kilomètres de fibre optique. « Quand je suis arrivé, nous avons fait un examen clinique du secteur. Mon objectif est d’aller au moins à 10 000 kilomètres », a-t-il annoncé.
Pour le ministre, la croissance économique du pays doit impérativement être accompagnée d’un développement accéléré des infrastructures numériques. « Le numérique ne se décrète pas. Il se construit d’abord par des infrastructures solides, planifiées et dimensionnées pour l’avenir. C’est exactement le choix que nous faisons aujourd’hui avec Medusa », dit M. Soumah.














