A l’occasion de l’ouverture des travaux consacrés à la présentation et à la validation des avant-projets de la politique nationale foncière et de la politique nationale agricole, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Lamine Sy Savané, a souligné l’importance stratégique de la maîtrise du foncier pour le développement de la Guinée.
Dans son intervention, le ministre a affirmé que « la maîtrise du foncier détermine la capacité d’un Etat à organiser son territoire, sécuriser son développement et projeter sa souveraineté dans la durée ». Selon lui, cette réflexion illustre toute l’importance du chantier engagé autour de la réforme foncière nationale.
Pour Mohamed Lamine Sy Savané, la question foncière s’impose aujourd’hui comme « un sujet majeur de gouvernance publique, de stabilité institutionnelle, de compétitivité économique et de cohésion sociale ». Il estime que l’atelier de validation de la politique foncière nationale marque « une étape importante dans la refondation du cadre de gouvernance foncière » en Guinée.
Le ministre a expliqué que cette initiative ouvre « une nouvelle phase dans l’organisation, la sécurisation et la modernisation de la gestion transparente et efficace des titres fonciers ». Il a rappelé que le foncier demeure au cœur de plusieurs secteurs stratégiques du pays, notamment l’accès au logement, le développement agricole, les projets miniers et infrastructurels, l’expansion urbaine ainsi que la protection des ressources naturelles.
« Le foncier constitue également un facteur déterminant de sécurisation des investissements et de stabilité sociale », a-t-il insisté.
Face à la pression démographique, à l’urbanisation accélérée et à la multiplication des litiges fonciers, Mohamed Lamine Sy Savané a reconnu que les insuffisances du système actuel continuent d’affecter l’efficacité de l’action publique. Il a notamment évoqué « l’insécurité juridique, les conflits fonciers, les chevauchements institutionnels, l’insuffisance de la documentation cadastrale ainsi que les fragilités des mécanismes administratifs », qui réduisent, selon lui, la capacité de régulation de l’Etat.
Revenant sur les travaux préparatoires de cette réforme, le ministre a rappelé que les Etats généraux du foncier organisés en 2022 ont permis d’établir « un diagnostic approfondi » et de dégager les bases d’une réforme structurelle du secteur. Il a précisé que les recommandations issues de ces assises ont servi de socle à l’élaboration de cette politique foncière nationale.
Le document soumis à validation résulte, d’après lui, « d’un processus participatif » ayant associé les administrations publiques, les collectivités territoriales, les organisations professionnelles du secteur privé, les partenaires techniques et financiers, les universités ainsi que les communautés locales.
Mohamed Lamine Sy Savané a également indiqué que huit ateliers régionaux et plusieurs concertations techniques ont permis de produire « un cadre stratégique cohérent, ancré dans les réalités territoriales et aligné sur les priorités nationales ».
Selon le ministre, la politique foncière nationale traduit « une orientation stratégique visant à faire du foncier un instrument de régulation, de sécurisation juridique et de transformation économique ». Elle vise notamment à renforcer la sécurité des droits fonciers, améliorer la gouvernance des espaces urbains et ruraux, rationaliser l’occupation du territoire, réduire les contentieux et consolider l’équilibre entre développement économique et durabilité environnementale.
Le patron du département de l’Urbanisme a aussi mis l’accent sur la modernisation des outils de gestion foncière, notamment à travers « la numérisation du cadastre, le développement des systèmes d’information géographiques et le renforcement de la transparence administrative ».
Enfin, Mohamed Lamine Sy Savané a souligné que la validation de cette politique engage désormais « une responsabilité collective ». Il a annoncé que la phase de mise en œuvre passera par la révision du Code foncier et domanial de 1992, l’adaptation des instruments réglementaires, le renforcement des capacités institutionnelles ainsi qu’une meilleure coordination entre les acteurs publics et territoriaux.














