À l’occasion de l’ouverture de la 39ᵉ Conférence annuelle du Cercle de réflexion et d’échange des dirigeants des administrations fiscales (CREDAF), qui réunit à Conakry des responsables des administrations fiscales de 30 pays francophones, le Premier ministre Bah Oury a insisté sur la nécessité pour les États de renforcer leur capacité à mobiliser les recettes fiscales afin de mieux répondre aux attentes des populations.
Dans son discours, le chef du gouvernement a rappelé que la stabilité d’un pays repose avant tout sur sa capacité à satisfaire les besoins de ses citoyens, soulignant le rôle central de l’impôt dans le financement de l’action publique. « La stabilité d’un pays dépend de sa capacité à satisfaire les besoins de sa population. Et par quel moyen un État peut-il satisfaire les besoins de sa population ? En levant des impôts », a-t-il déclaré.
Bah Oury a également tenu à rappeler que la fiscalité ne constitue pas une réalité étrangère aux sociétés africaines. Selon lui, les mécanismes de contribution collective existent depuis plusieurs siècles sur le continent. « Cela n’a pas commencé maintenant. Nos États d’il y a plusieurs siècles étaient habitués à cela. Les impôts ne sont donc pas un aspect en dehors du mindset africain », a-t-il affirmé.
Évoquant la question de l’incivisme fiscal, le Premier ministre a estimé que ce phénomène doit être analysé avec nuance. Il a notamment souligné que les populations participent déjà activement au financement de nombreuses initiatives communautaires. « Cette incivilité est relative puisque les populations contribuent, à travers les associations de ressortissants, à la construction des écoles, à la réfection des routes et à de nombreuses activités communautaires. Les populations se mobilisent pour satisfaire ces besoins », a-t-il expliqué.
Pour le chef du gouvernement, la véritable interrogation réside dans la difficulté à faire comprendre que le paiement de l’impôt permettrait d’atteindre les mêmes objectifs avec davantage d’efficacité et une meilleure organisation. « Pourquoi n’ont-elles pas intégré le fait qu’en payant des impôts, cela pourrait se faire avec beaucoup plus d’efficacité et une meilleure organisation ? C’est un point qui est extrêmement important », a-t-il souligné.
Dans cette perspective, Bah Oury a lancé un appel aux experts et responsables réunis dans le cadre du CREDAF afin qu’ils contribuent à la réflexion sur les moyens de renforcer les performances fiscales de la Guinée. « Le gouvernement de la République de Guinée serait très heureux d’avoir des recommandations et des suggestions permettant que nous puissions accroître notre capacité de mobilisation des recettes, en intégrant le plus largement possible le secteur informel dans le formel », a-t-il déclaré.
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