L’opération ‘Zéro enfant dans la rue de Conakry’ poursuit son déploiement dans la capitale guinéenne. Après son lancement dans la commune de Kaloum, une deuxième patrouille nocturne a été menée dans plusieurs quartiers de Ratoma afin de lutter contre la présence des mineurs dans les lieux jugés inappropriés pendant la nuit.
L’objectif des autorités reste clair : retirer les enfants exposés aux dangers de la rue et renforcer la lutte contre l’exploitation ainsi que l’abandon des mineurs.
Au cours de cette opération, les équipes mobilisées ont sillonné plusieurs secteurs de la haute banlieue de Conakry, notamment Hamdallaye, Taouyah, Kipé, Kaporo, Nongo et Lambanyi. Des fouilles systématiques ont été effectuées dans certaines boutiques, espaces publics et boîtes de nuit afin d’identifier et d’extraire des enfants présents dans ces endroits tard dans la nuit.
Cette descente a permis l’interpellation de nombreux mineurs, parfois très jeunes, retrouvés livrés à eux-mêmes dans les rues de la capitale.
Présent sur le terrain, Cé Avis Gamy a dressé un constat alarmant de la situation. « Le constat est très amer sur le terrain. Les résultats en disent long : des enfants de 5 ans, 10 ans ou encore 12 ans, qui devraient être au lit, se retrouvent à la belle étoile tard dans la nuit. C’est vraiment regrettable », a-t-il déploré.
Le magistrat s’est toutefois montré déterminé quant à la poursuite de cette campagne. « Nous estimons avec force et certitude qu’il y aura zéro enfant dans les rues de Conakry », a-t-il affirmé.
Concernant les enfants interpellés, le procureur spécial a indiqué que la responsabilité des parents sera engagée, estimant que ces derniers manquent souvent à leur devoir de protection et d’encadrement. « Ce sont les parents qui sont dans nos viseurs parce qu’ils manquent à leur obligation de veiller et de protéger les enfants. Tous ceux dont les parents sont présents seront entendus dans des procès-verbaux », a expliqué Cé Avis Gamy.
Déjà entamée à Kaloum, cette procédure devrait se poursuivre dans les autres communes de la capitale. Les autorités judiciaires appellent par ailleurs l’État à renforcer les moyens logistiques et humains mis à la disposition des équipes engagées dans cette opération. « Nous demandons humblement à l’État de mettre suffisamment de moyens à notre disposition, parce que cette action est une action républicaine », a conclu le procureur spécial près le Tribunal pour enfants.














