Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah, a tiré la sonnette d’alarme sur la fragilité des infrastructures numériques de la Guinée, appelant à une accélération des investissements stratégiques dans le secteur.
S’exprimant lors de la signature liée au projet de câble sous-marin MEDUSA, le ministre a estimé que certaines décisions politiques dépassent le simple cadre administratif pour devenir de véritables actes de transformation nationale.
« Il est des moments où une décision politique devient un acte politique majeur. Il y a des projets qui, au-delà de leur dimension sectorielle, redessinent la trajectoire économique d’un pays. La signature à laquelle nous procédons aujourd’hui appartient à cette catégorie », a-t-il déclaré.
Le ministre a d’abord rendu hommage au président de la transition, Mamadi Doumbouya, pour sa vision axée sur le numérique comme levier de transformation économique.
Il a également salué l’implication du Premier ministre, Bah Oury, qu’il considère comme un moteur dans l’accélération des réformes structurelles.
« Le Premier ministre interpelle constamment les départements sur l’aboutissement des projets, notamment les projets numériques qui doivent catalyser la croissance économique », a-t-il expliqué.
Selon Mourana Soumah, les ambitions de croissance économique ne pourront produire d’effets réels sans infrastructures modernes.
« On peut annoncer des hypothèses de croissance de 10 %, mais sans infrastructures routières, énergétiques et numériques, cette croissance ne restera que dans les chiffres », a-t-il averti.
Le ministre estime que le numérique constitue aujourd’hui un pilier essentiel de la vision de transformation économique de la Guinée, avec pour objectif une croissance inclusive capable d’améliorer concrètement les conditions de vie des populations.
Il s’est par ailleurs félicité des avancées enregistrées autour du projet MEDUSA dans les cent premiers jours suivant sa prise de fonction à la tête du département.
« Ce n’est pas une fin, mais le symbole d’une action publique qui va plus vite, qui s’organise mieux et qui produit des résultats », a-t-il souligné.
D’après le ministre, l’urgence autour du projet MEDUSA s’est imposée après un diagnostic approfondi du département.
« Quand je suis arrivé, j’ai vu qu’on courait un grand risque. On m’a expliqué que la Guinée ne dispose que d’un seul câble sous-marin. Cela veut dire qu’on est totalement exposé, qu’on est vulnérable si ce câble venait à subir des effets liés à l’érosion climatique ou à d’autres attaques au niveau des fonds marins », a-t-il alerté.
Face à cette situation, le ministère a rapidement engagé des démarches à l’international pour accélérer le projet. Une mission a notamment été envoyée à Barcelone afin d’engager des discussions techniques avec les équipes du projet MEDUSA.
Le ministre affirme également avoir poursuivi personnellement les échanges lors d’une rencontre à Alger au mois de mars dernier, dans le but de renforcer le suivi stratégique du dossier.
Dans le même temps, il dit avoir demandé une mobilisation totale de l’ensemble des parties prenantes afin de parvenir rapidement à la signature des accords.
Pour illustrer le retard de la Guinée, Mourana Soumah a comparé la situation du pays avec celle de plusieurs États africains.
« La Côte d’Ivoire dispose de cinq câbles sous-marins, le Sénégal en a quatre, le Kenya en compte sept. La Guinée n’en a qu’un seul, saturé à 98 % », a-t-il indiqué.
Selon lui, cette dépendance constitue un risque majeur pour l’économie nationale et pour le développement du numérique.
« Il est plus qu’utile et nécessaire de chercher au moins à doubler ce câble sous-marin, voire aller jusqu’à quatre ou cinq, pour des questions de redondance et de couverture des risques », a conclu le ministre.














