Le Premier ministre, chef du gouvernement, Bah Oury, a insisté sur la nécessité pour la Guinée de renforcer rapidement ses infrastructures numériques afin de soutenir sa croissance économique et faire face à la concurrence internationale.
S’exprimant lors de la cérémonie de signature du projet MEDUSA Africa qu’il a présidée, le chef du gouvernement a estimé que l’acquisition d’un deuxième câble sous-marin constitue une avancée importante, mais encore insuffisante pour garantir la sécurité numérique du pays.
« Deux câbles, ce n’est pas suffisant. On ne dit jamais deux sans trois. Donc, d’ores et déjà, il faut penser à un troisième. C’est une question de sécurité nationale et une urgence dans un monde de plus en plus perturbé et dangereux », a-t-il déclaré.
Pour Bah Oury, les enjeux de connectivité ne concernent pas uniquement les infrastructures maritimes, mais également la couverture aérienne et terrestre du territoire national.
Le Premier ministre a notamment évoqué la problématique des zones blanches, appelant les responsables de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications à accélérer les réflexions sur des partenariats stratégiques permettant d’améliorer l’accès au numérique dans les zones insuffisamment couvertes.
« Il y a un dossier qui a été transmis à l’ARPT afin d’étudier les modalités pour que nous puissions avoir, comme d’autres pays africains, des accords avec les opérateurs qui offrent ce type de services », a-t-il expliqué.
Le chef du gouvernement a également attiré l’attention sur la nécessité de rentabiliser davantage les infrastructures déjà existantes, notamment le Backbone national géré par GUILAB.
« Nous avons plus de 4 000 kilomètres de fibre optique, mais est-ce qu’on l’utilise conséquemment ? Est-ce que toutes les dispositions sont prises pour que cela soit rentable ? Je ne pense pas », a-t-il regretté.
Face à ce constat, Bah Oury a demandé au ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation de tout mettre en œuvre pour favoriser une utilisation optimale des infrastructures numériques existantes par l’administration publique et le secteur privé.
« Tous les secteurs de l’administration guinéenne, y compris le privé, doivent commencer les études techniques pour l’utilisation optimale des 4 000 kilomètres déjà disponibles et envisager un déploiement beaucoup plus large de la fibre optique. C’est une question d’urgence nationale », a-t-il insisté.
Selon lui, les ambitions économiques de la Guinée nécessitent désormais des infrastructures modernes capables de soutenir durablement une croissance élevée.
« Nous avons un taux de croissance qui va frôler les deux chiffres pendant longtemps, avec l’aide de Dieu. Mais cette croissance ne pourra être maintenue que si nous disposons des infrastructures adaptées au monde économique actuel. Et aujourd’hui, c’est le numérique », a-t-il affirmé.
Le Premier ministre a également exhorté les autorités à accélérer la réduction des zones non couvertes afin de permettre à la Guinée de renforcer sa résilience économique.
« Il faut remplir cette page blanche le plus rapidement possible, dans les deux à trois années à venir, pour permettre à la Guinée de décoller, d’avoir une capacité de résilience et de pouvoir supporter la concurrence internationale », a-t-il déclaré.
Pour Bah Oury, le développement des infrastructures numériques représente un levier essentiel pour faire de la Guinée une destination économique attractive.
« Si nous sommes en retard, nous ne pouvons pas envisager des développements économiques majeurs », a-t-il averti, rappelant que la population guinéenne continue de croître rapidement.
Le chef du gouvernement a enfin réaffirmé les ambitions portées par le président de la transition, Mamadi Doumbouya, pour accélérer la transformation économique du pays.
« Le Président de la République a de fortes ambitions pour ce pays. Nous avons brisé un premier plafond de verre avec le projet Simandou. Mais cela ne constitue qu’un déclencheur d’un nouveau processus », ajoute-t-il.














