Le ministre porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, s’est de nouveau exprimé sur la crise de liquidités en Guinée, en insistant sur la nécessité de changer les habitudes liées à l’usage du cash. Pour lui, si les guinéens ne changent d’habitude, chacun sera obligé d’imprimer des billets pour les transactions.
Selon le porte-parole du gouvernement, la limitation de l’accès au cash est une pratique courante dans plusieurs pays. « Dans tous les pays du monde, il y a des règles de limitation de la disponibilité du cash. Sinon, on ne s’en sort pas. Si vous allez au Sénégal et en Côte d’Ivoire, on ne peut pas faire plus de 300 000 francs CFA comme ça par semaine de sortie en cash. Sinon, les transactions sont douteuses », a-t-il expliqué.
Le ministre des transports estime que ces restrictions participent à la moralisation de la vie économique. « Lorsqu’on veut lutter contre certaines formes de détournements de deniers publics et de criminalités, on est obligé de contrôler le volume d’argent qu’un citoyen peut posséder (…). Si on veut lutter contre la prévarication des ressources financières, nous devons contrôler l’argent en circulation », a-t-il affirmé.
Illustrant son propos, il a évoqué des pratiques observées ailleurs : « Dans certains pays, lorsque vous payez en espèces une valeur de 5 000 euros, la police peut être alertée. Vous devez vous expliquer sur l’origine de l’argent que vous avez. »
Toutefois, Ousmane Gaoual Diallo reconnaît également les réticences de certains citoyens à utiliser le système bancaire. « Certains nous ont expliqué qu’il y a des prélèvements d’impôts opérés automatiquement lorsqu’ils sont en difficulté avec le fisc. Cela les met en difficulté, donc ils préfèrent ne pas mettre leur argent en banque », a-t-il indiqué, suggérant une approche plus pédagogique de la part de l’État.
Le porte-parole du gouvernement souligne aussi les contraintes pratiques liées à l’utilisation des moyens de paiement alternatifs. « Les acteurs économiques ne sont pas tous dans un système numérique. Il y a des endroits où il n’y a pas de réseau. Vous ne pouvez pas payer partout par chèque ou par voie électronique », a-t-il rappelé.
Face à cette situation, il assure que l’État agit pour améliorer l’approvisionnement en billets. « Nous savons que cette situation crée des difficultés à une partie de nos concitoyens. C’est pour ça que l’État prend ses responsabilités pour faire face à l’approvisionnement du marché en billets de banque », a-t-il déclaré.
Mais il met en garde contre une dépendance excessive à l’impression monétaire. « À un moment donné, si nos habitudes ne changent pas, chacun va être obligé d’imprimer des billets. Or, imprimer un billet coûte cher. Quand vous imprimez un billet de 10 000 francs, peut-être que sa valeur réelle est de 2 000 francs », a-t-il expliqué.
Enfin, le ministre insiste sur la nécessité d’un changement progressif des comportements. « Il faut de la pédagogie. Il faut entraîner les acteurs économiques et les concitoyens à changer leurs habitudes. Mais il faut aussi faire en sorte que la difficulté de se procurer du cash diminue, car chacun a besoin de quelques billets pour ses besoins quotidiens », a-t-il conclu, évoquant notamment les difficultés rencontrées dans certaines stations-service où les paiements électroniques ne sont pas toujours acceptés.














