Le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, s’est exprimé sur la crise de liquidités en Guinée, en apportant des explications sans détour sur ses causes et ses implications. Le ministre des transports appelle les guinéens à utiliser les moyens alternatifs de transaction. Extraits…
« Franchement, j’aimerais bien qu’on me dise que l’argent se trouve chez moi quelque part. Pourquoi on parle de crise de cash ? C’est lorsqu’il y a plusieurs facteurs. Lorsque les acteurs publics préfèrent garder l’argent, le thésauriser. C’est le concept de sachant économique. C’est thésauriser l’argent quelque part en dehors du circuit économique, du circuit bancaire.
Maintenant, il faut dire encore une chose, c’est qu’il y a aussi psychologiquement un phénomène où on se dit il n’y a pas d’argent, les banques ont pris des mesures pour limiter le décaissement. Par exemple, à un milliard de francs, je crois par jour qu’on peut décaisser.
Mais en tout cas, je crois que nous tous ici, on ne peut pas sortir plus d’un million par jour. Si c’était ça le problème, on serait à l’aise. En tout cas, pour nous qui sommes ici.
Donc cette crise-là, elle concerne qui en réalité ? Qui est-ce qui fait des transactions d’un milliard GNF, de deux milliards GNF, de cinq cents millions GNF en espèces ? C’est lui qui est concerné par cette difficulté-là. Alors évidemment, vous avez un pan important de notre économie qui est liquide. Quand vous allez dans les zones d’orpaillage, les gens amènent des containeurs d’argent pour acheter de l’or parce que ça coûte cher. Et donc, c’est beaucoup d’argent. Même si chaque acteur ne peut recevoir qu’un peu d’argent, c’est beaucoup de francs qui circulent entre eux.
Et puis il y a l’État. Pendant un moment, jusqu’à récemment, même les salaires des forces de défense de sécurité et des fonctionnaires. Il y a beaucoup d’acteurs qui reçoivent encore des salaires en espèces. Nous voulons changer ça. Évidemment, ça bouscule les habitudes des gens.
Mais lorsque vous devez toucher des salaires, moi j’ai d’un côté une petite histoire. Quand j’étais parlementaire, le premier salaire, on l’a reçu, je crois, huit mois après l’entrée en fonction du parlement. Mais ce jour-là, ce sont des camions qui étaient venus au palais pour amener le salaire des parlementaires. Chacun de nous devait avoir huit mois de salaire, plus les primes d’installation, plus tout ça.
Mais quand on m’a appelé pour dire ça, c’est pour toi, mais c’était effrayant parce que c’était du cash. Ma peur, ce n’était pas le volume d’argent, mais c’est comment sortir avec ça du palais et arriver dans ma voiture et rentrer chez moi. Ça, c’était effrayant, je ne pouvais pas porter ça. Donc, le problème du cash, ça se trouve à ce niveau-là. Nous voulons inviter nos concitoyens à utiliser les moyens alternatifs de transaction. »














