Désormais ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Kéamou Bogola Haba n’a pas été un simple figurant à la tête de ce département. En plus des initiatives ayant permis d’augmenter significativement le budget du ministère, il a contribué à la création de plusieurs centaines d’emplois pour les jeunes, tout en misant sur des infrastructures sportives dignes de ce nom.
Un soutien des premières heures CNRD
Après avoir appelé à l’intervention des militaires contre le troisième mandat d’Alpha Condé, Bogola Haba a connu la prison centrale de Conakry avant d’être libéré à la suite de l’arrivée au pouvoir du CNRD. Depuis lors, il n’a cessé d’apporter son soutien aux nouvelles autorités.
Alors que de nombreux acteurs politiques et de la société civile misaient sur une transition courte pour se repositionner sur l’échiquier national, l’opposant au régime d’Alpha Condé plaidait pour une transition réussie et structurée. C’est dans cette logique qu’est né le Front national pour la défense de la transition, une structure devenue un soutien constant aux actions du général Mamadi Doumbouya et de son équipe.
Ses empreintes au ministère
Nommé à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports le 18 mars 2024, Bogola Haba est resté au gouvernement jusqu’au 22 janvier dernier. En passant le témoin à l’ancien député uninominal de Labé, Cellou Baldé, il a exprimé sa reconnaissance au président Mamadi Doumbouya.
« Depuis ma nomination le 18 mars 2024, d’abord en tant que ministre de la Jeunesse et des Sports, puis ma confirmation comme ministre des Sports après la scission des deux départements, mon engagement a été guidé par une seule ambition : servir nos concitoyens et produire un impact durable et utile », a-t-il déclaré ce mercredi en cédant son poste.
En moins de deux ans, M. Haba estime avoir laissé des empreintes notables. Il cite notamment la stabilisation du personnel et le maintien des cadres à leurs postes, marquant une rupture avec les pratiques fondées sur la récompense politique ; le regroupement du personnel dans un siège moderne ; l’introduction de l’esprit de service civique et militaire dans les programmes de volontariat ; l’élaboration et la validation de politiques nationales en faveur de la jeunesse et du volontariat ; ainsi que des partenariats avec le Corps de la Paix des États-Unis, France Volontaires et le PNUD.
Il évoque également la redynamisation de l’AGETIPE, l’élaboration de la Stratégie nationale de l’emploi des jeunes, et la réorientation du FONIJ vers son rôle de pilier de l’insertion et de l’entrepreneuriat jeune, avec des programmes tels que le Grand Prix FONIJ, Lassiry FONIJ, FONIJ Bank et le Nexus Programme.
Dans sa vision de « l’occupation saine de la jeunesse, qui représente plus de 73 % de la population », il dit avoir engagé des réformes avec l’ensemble des structures du département, en collaboration avec les partenaires techniques et financiers.
Le volet Sports
Au ministère des Sports, Bogola Haba souligne que les efforts ont porté sur le développement de toutes les disciplines, avec un accent particulier sur le sport de masse, la formation des encadreurs, la gouvernance financière et la diplomatie sportive. Il affirme avoir contribué à mettre fin aux crises dans plusieurs fédérations, notamment le basketball, le football et le volleyball.
La Guinée a aussi accueilli plusieurs compétitions internationales, dont le Sambo, le Karaté, le Judo, la Boxe et la première CAN de natation en eau libre. Le pays se prépare également à abriter la CAN de mini-foot en 2027.
Il mentionne enfin l’accélération des chantiers d’infrastructures sportives, notamment les stades du GLC de Nongo et du 28-Septembre, les projets d’insertion sportive à Bambéto, Cosa et Sangoyah, ainsi que la finalisation des études du futur stade de 60 000 places de Kassonyah dans le cadre de la candidature de la Guinée à l’organisation d’une CAN.
Sur le plan de la gouvernance, il se félicite de la création de la Direction nationale du Nimba Sport, appelée à devenir un pilier stratégique de la transition vers une véritable économie sportive.
Mamadou Bah, pour tabala.info














