L’Iran se dit disposé à renouer le dialogue avec les États-Unis, mais refuse catégoriquement toute discussion sur son programme balistique et ses capacités de défense. Une position réaffirmée alors que les tensions restent vives dans la région du Golfe persique.
« L’Iran veut conclure un accord », a déclaré vendredi Donald Trump, après que Téhéran a exprimé son ouverture à des discussions avec Washington. Mais le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a aussitôt précisé que certaines lignes rouges ne seraient pas franchies. « Tant qu’il y a des menaces et des pressions, les conditions ne sont pas réunies pour négocier », a-t-il indiqué.
Selon lui, le programme balistique iranien n’est pas négociable. Il a également averti que toute attaque contre l’Iran entraînerait une riposte « ferme et immédiate », rapporte à RFI le correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.
Dans le même temps, les Gardiens de la révolution doivent lancer des manœuvres navales dans le détroit d’Ormuz. Le commandement militaire américain pour la région a mis en garde l’armée d’élite iranienne contre toute approche des navires de guerre américains ou toute entrave au trafic maritime international.
Représailles après la décision de l’Union européenne
En réaction à l’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes par l’Union européenne, Téhéran a annoncé qu’il considérerait désormais les armées des vingt-sept pays membres comme des « entités terroristes ».
Des mesures de représailles sont également à l’étude, selon les médias iraniens : expulsion collective des attachés militaires européens présents à Téhéran ou encore transfert de la sécurité des ambassades européennes aux Gardiens de la révolution, alors qu’elle est actuellement assurée par la police.
Malgré cette escalade verbale, Abbas Araghchi a assuré que l’Iran restait « prêt à reprendre les négociations », sans toutefois préciser quels sujets pourraient être abordés. Ces derniers jours, le discours américain semble recentré la pression sur le dossier nucléaire iranien.
Le nucléaire iranien au centre du jeu diplomatique
Washington souhaite empêcher l’Iran d’acquérir l’arme atomique. Les États-Unis exigent que Téhéran renonce à l’enrichissement de l’uranium et se débarrasse de ses stocks de matière nucléaire enrichie. L’administration Trump a récemment durci sa position en réclamant que tout accord inclue aussi la question des missiles iraniens et celle des groupes armés alliés à Téhéran dans la région, comme le Hezbollah libanais ou les milices chiites irakiennes.
En déplacement à Istanbul, le chef de la diplomatie iranienne a répondu à ces exigences en rejetant toute négociation sur les capacités balistiques, tout en laissant la porte entrouverte à des discussions sur d’autres dossiers. Mais ces échanges potentiels se dérouleraient sous la menace d’une intervention militaire américaine, souligne RFI.














