Les opérations de déguerpissement se poursuivent au grand marché de Matoto. Pour les autorités guinéennes, ces actions vont continuer afin de donner une meilleure image de la capitale, Conakry.
« Aujourd’hui, je suis détruite, je suis en larmes. Personnellement, ma maman compte sur moi. Ça fait déjà quatre ans que j’ai mon diplôme. C’est à Matoto que j’ai placé mon espoir. Cela fait trois ans que je m’y débrouille. J’ai mon diplôme à la maison, j’ai fait plusieurs démarches. Donc aujourd’hui, quand on nous enlève de Matoto, nous sommes en larmes. Je ne sais pas où aller, je ne sais pas où partir. En Guinée, quand on est diplômé, la famille compte déjà sur nous. Ma maman compte sur moi. Avec le stage, le peu que je gagne ne suffit pas pour subvenir à ses besoins. Alors je viens au marché pour lui donner ce que je peux », se lamente la vendeuse Fatoumata Camara.
Du côté des autorités, les opérations doivent se poursuivre.
« Matoto est la capitale de Conakry. Je sais ce que je dis, parce que tout passe par Matoto, à l’entrée comme à la sortie. Donc si on ne donne pas une bonne image de Matoto, c’est comme si Conakry ne vivait pas. Nous sommes venus exécuter les instructions données par les autorités supérieures pour que la ville soit dégagée de tous les encombrants physiques. Derrière moi, il y a le marché, et je vous dis qu’il y a de la place à l’intérieur. Mais certaines femmes refusent de s’y installer parce que, selon elles, quand elles sont à l’intérieur, il n’y a pas de vente », a déclaré le président de la délégation spéciale de Matoto, Moussa Diallo.
Le directeur des services propres de la ville de Conakry, Amara Romeo Soumah, assure que cette opération est nécessaire.
« Je remercie la commune de Matoto. L’action menée ce matin est une action pour le peuple de Guinée, pour la population de Conakry. Il faut que notre ville ressemble aux grandes villes modernes du monde. Et c’est dans ce sens que nous menons cette opération », a-t-il indiqué.
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