Dans une maison modeste de Hermakono, dans la capitale guinéenne, entre quatre murs silencieux, vit une femme dont la voix s’élève malgré le poids de la douleur. Fatoumata Binta Baldé, 34 ans, est assise là, les jambes figées depuis cinq longues années. Elle ne marche plus. Elle ne court plus. Mais elle parle encore, avec des mots lourds d’émotion, de dignité, et d’une vie suspendue. Dans un entretien accordé à une équipe de Guineematin.com ce lundi 21 juillet 2025, elle a lancé un appel à l’aide pour pouvoir sortir de l’ornière.
C’est en 2018 que les premiers signes se sont manifestés. « Au niveau de mon pied gauche, ça chauffait, parfois comme des crampes. Une douleur étrange, intérieure, que je ne peux même pas expliquer », murmure-t-elle. À l’époque, elle ne savait pas encore que ce malaise marquerait le début d’un cauchemar sans fin.
À la fin de l’année 2020, la paralysie s’installe. Elle gagne d’abord une jambe, puis l’autre. Fatoumata ne comprend pas. Elle n’a pas chuté, n’a pas été accidentée. Juste un jour, ses jambes ont cessé de lui obéir. « Je ne peux même pas dire comment, ni quand exactement, l’autre pied a été touché. Je me suis juste retrouvée comme ça… »
Depuis, elle n’a cessé de chercher des réponses. De Kamsar à Conakry, d’Ignace Deen au stade du 28 septembre, de Matam à Yembeya… Elle a vu des médecins, passé des examens, multiplié les radios et les bilans neurologiques. Les diagnostics se contredisent, les traitements s’interrompent. Faute de moyens, elle n’a jamais pu terminer un protocole de soins. Le dernier médecin lui a parlé d’un problème de colonne vertébrale : « Une courbure qui pourrait expliquer la paralysie ». Mais là encore, aucune solution concrète ne lui est proposée.
Pendant ce temps, le temps s’arrête. Fatoumata, jadis commerçante débrouillarde, perd peu à peu tout : son autonomie, son revenu, et parfois même l’espoir. « Avant, je faisais du petit commerce. J’essayais de survivre comme je pouvais. Mais aujourd’hui, je ne peux rien faire. Rien. »
Elle vit avec sa mère, dans une maison en location. Son père est décédé. La famille survit à peine. « Ce n’est pas facile du tout. Certaines personnes dans la famille et des amis m’aident un peu. Mais ce n’est pas suffisant. »
La jeune femme endure chaque jour les douleurs nerveuses, les brûlures dans ses jambes, les insomnies, et surtout cette impuissance à agir. « J’ai enduré. J’endure encore. Je n’avais même pas rêvé une fois que j’allais me retrouver comme ça. Et aujourd’hui, c’est ma réalité », déplore-t-elle.
Son message est simple. Et déchirant. Elle ne demande pas de miracles. Elle demande de la compassion. « Je veux juste demander aux gens de penser à eux-mêmes, à Dieu, et à ce que demain peut-être pour chacun d’eux. Moi, je suis là aujourd’hui. Demain, ça pourrait être quelqu’un d’autre. »
Fatoumata Binta Baldé ne baisse pas les bras. Même sans pouvoir marcher, elle garde la tête haute. Son regard parle pour elle : un appel à l’aide, à la solidarité, à la vie. Elle ne demande qu’une chose : un soutien financier pour accéder aux soins nécessaires, pour espérer se lever un jour, ne serait-ce que pour faire un pas.
Dans le silence de sa chambre, entre les murs qui ne résonnent plus de ses pas, une femme attend. Et espère. En nous.
Voici son numéro de téléphone : 628 58 98 43
Lamine Kaba et Jacqueline Kourouma pour Guineematin.com
Tél. : 620 995 917













