À l’occasion du sommet ordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le président guinéen Mamadi Doumbouya a appelé les dirigeants ouest-africains à revenir aux fondamentaux du développement et de l’économie. Il a également plaidé pour une gouvernance davantage participative et une CEDEAO inclusive, associant l’ensemble des forces vives de la sous-région.
« Avec tout le respect que je dois à chacune et à chacun d’entre vous, je vous exhorte, Excellence, à un retour résolu aux fondamentaux : le développement pérenne et l’économie », a déclaré le chef de l’État guinéen.
Selon lui, les populations attendent des résultats concrets plutôt que de simples déclarations. « Les peuples n’attendent pas de nous que des communiqués. Ils attendent de l’eau, des routes, des usines, de l’énergie, des marchés ouverts, des emplois pour la jeunesse », a-t-il souligné.
Mamadi Doumbouya a également invité les dirigeants de la CEDEAO à engager une refondation du modèle de gouvernance de l’organisation, en favorisant une plus grande participation des populations. « Je vous invite également, avec la même sincérité, à engager la refondation de notre modèle de gouvernance vers davantage de participation. Une gouvernance qui associe nos peuples, notre jeunesse, nos opérateurs économiques et notre société civile à la définition même de notre destin commun », a-t-il déclaré.
Pour le président guinéen, l’intégration régionale ne peut être construite sans la participation de ceux qui la vivent au quotidien. « Une communauté ne se décrète pas, elle se construit avec ceux qui la vivent chaque jour. Une communauté se construit avec tous les enfants, sans exclusive, sans stigmatisation, sans ingérence ni influence extérieure », a-t-il affirmé.
Le chef de l’État guinéen a ensuite rappelé les origines de la CEDEAO et la diversité des profils de ses pères fondateurs. « Le 28 mai 1975, à Lagos, ils étaient 15 pères fondateurs à créer notre communauté qui, depuis plus d’un demi-siècle, nous réunit. 15 pères fondateurs parmi lesquels des militaires et des civils. Donc, l’écrasante majorité des fondateurs étaient issus de l’armée », a-t-il rappelé.
Selon Mamadi Doumbouya, l’engagement des militaires dans la construction de la communauté ouest-africaine ne peut être ignoré. « Leur attachement à la paix et à l’élite n’a jamais été démenti. Les militaires sont une partie de nous. L’air uniforme ne saurait donc constituer leur exclusion de la vie et de la gestion de notre communauté. Ils ne sont ni plus ni moins que les enfants du peuple. Et notre Afrique, dans cette conception, ne constitue pas une exception. La Guinée, fidèle à son histoire et à sa vocation panafricaine, se tient aux côtés de chacun de ses pères, à la construction de cette communauté de prospérité partagée que nos devanciers ont rêvée pour nous’’, a ajouté le président guinéen.
Pour conclure, Mamadi Doumbouya a appelé les États membres de la CEDEAO à privilégier la construction collective plutôt que la division. « Ce n’est pas en nous divisant par la sanction que nous honorerons leur mémoire, c’est en bâtissant ensemble, par le travail, la solidarité et la justice, l’Afrique de l’Ouest forte, souveraine et prospère à laquelle nos peuples ont droit », a-t-il dit.














