À l’occasion du sommet ordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le président guinéen Mamadi Doumbouya a appelé les dirigeants ouest-africains à privilégier l’unité, l’intégration et le bien-être des populations. Dans son intervention, il a également critiqué le recours aux sanctions, estimant qu’elles frappent davantage les peuples que les pouvoirs qu’elles visent.
« C’est avec un profond sentiment de responsabilité que je prends la parole devant cette Auguste assemblée dans la continuité des propos que j’ai eu l’honneur de vous adresser lors de nos différentes rencontres. Ce que j’annonçais alors comme une conviction, je le reformule aujourd’hui comme un appel. Celui du réalisme au service du bien-être de nos peuples », a déclaré le chef de l’État guinéen.
Pour Mamadi Doumbouya, l’intégration africaine demeure une nécessité pour assurer le développement du continent et prévenir les conflits entre les États. « L’intégration africaine est la seule voix pour le développement et pour éviter les guerres entre nous. Cette phrase inoubliable des présidents Gou et Yadema illustre l’esprit de traité qui a donné naissance à notre communauté », a-t-il affirmé.
Revenant sur la création de la CEDEAO, le président guinéen a rappelé la vision des pères fondateurs de l’organisation. « Lorsque le 28 mai, 15 pères fondateurs de la CDAO se réunissaient au Nigéria, l’objectif pour eux était clair, très clair et simple, économique et commercial. Il s’agissait de créer un grand marché commun ouest africain pour le développement et la paix », a-t-il souligné.
Pour le lui, la prospérité de la sous-région dépend avant tout de sa capacité à rester unie. «Notre prospérité dépend donc d’abord de notre capacité à rester ensemble unis. La division n’arrange que celui qui divise. Pas de place donc pour la division », a-t-il martelé.
Mamadi Doumbouya a ensuite dénoncé le recours aux sanctions comme réponse aux crises politiques dans la sous-région. « Les sanctions ne sont pas à la solution. Notre sous-région a trop souvent choisi la sanction comme premier réflexe quand elle devait être le dernier recours. Or, sans hypocrisie, l’expérience nous enseigne avec constance et sans exception que la sanction ne fragilise jamais les pouvoirs qu’elle visent. Elle frappe d’abord et surtout les enfants dans les salles de classes, les femmes dans le marché, les hommes dans les champs et les ateliers. Elle prive les hôpitaux de médicaments de première nécessité. Elle vide les marchés des denrées indispensable. Elle suscite et alimente le trafic en tout genre. Elle pénalise simplement les filles et fils de la terre de nos ancêtres », a poursuivi le chef de l’État guinéen.
Avant d’estimer qu’une organisation régionale ne peut s’éloigner de sa vocation en prenant des mesures qui appauvrissent les populations. « Une communauté qui pour corriger un état appauvrit un peuple s’éloigne de l’esprit même qui a présidé à sa création. Nos traditions africaines n’intègrent pas le principe de l’exclusion de l’enfant, encore moins l’idée d’affamer et de combattre. La vision des pères fondateurs de notre communauté n’était ni punitive ni répressive. C’est pourquoi je le dis avec le respect dû à cette assemblée mais aussi avec la fermeté que commande ma responsabilité de chefs d’état, recentrons-nous sur l’essentiel », a-t-il dit.














