Dans le cadre du rapatriement des guinéens, le ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et des guinéens établis à l’étranger vient de recevoir plus de 100 guinéens qui ont été sauvés en train de traverser la méditerranée.
À leur descente d’avion, le chef de la diplomatie guinéenne, Morissanda Kouyaté, était présent pour les accueillir au nom de l’État.
Face aux rescapés, le ministre des affaires étranges, de l’intégration africaine et des guinéens établis à l’étranger n’a pas caché son émotion : « Vous avez passé 24 jours dans l’eau. Est-ce que vous avez mangé ? Sans manger, sans boire ? »
Poursuivant, il a tenu à illustrer l’ampleur du drame humain : « Lui, je voudrais le montrer. Venez. Lui, il a perdu son enfant. Lui, il a perdu son épouse. Son épouse est restée. Lui, il a perdu sa jumelle. Ils ne sont pas revenus. C’est une perte pour notre nation. C’est une perte pour la Guinée. Dans d’autres circonstances, un gouvernement irresponsable aurait dit : “c’est leur affaire”. Mais ici, nous avons un chef d’État qui est responsable du peuple de Guinée dans son plus petit détail. Et quand votre appel lui est arrivé pour dire que vous étiez en mer et que le bateau avait chaviré, il a pris contact avec les autorités marocaines. C’est pourquoi je profite de l’occasion pour remercier ce pays frère. »
Le ministre a également adressé un message fort à la jeunesse :
« C’est un message que votre cas envoie à toute la jeunesse. On n’est jamais mieux que chez soi. Il n’est pas interdit de faire de l’aventure, de sortir, c’est humain. Mais regardez le nombre de bras valides que nous avons ici. Imaginons un seul instant que ce bateau ait chaviré totalement et que tous ceux-ci soient perdus en mer. Quelle perte immense pour la Guinée. »
Le convoi était composé de 113 personnes, dont 29 femmes et 14 enfants, une véritable tragédie pour plusieurs familles.
Parmi les rescapés, les témoignages sont bouleversants. L’un d’eux raconte :
« On a fait le départ de la Gambie pour l’Espagne. Le capitaine a perdu la route. On est resté en mer pendant 15 à 20 jours. On a ensuite pris la direction du Maroc, où on a fait quelques jours. Les gens ont été jetés dans l’eau. C’est dans cette circonstance que j’ai perdu ma femme. »
Un autre rescapé se confie : « On a fait 24 jours. Moi, lorsque le naufrage est survenu, c’est là-bas que mon enfant est décédé. »
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