À Boké, le vol de bétail et la destruction des champs continuent d’alimenter les tensions entre éleveurs et agriculteurs. Pour tenter de restaurer l’ordre et prévenir les conflits dans cette région à forte vocation agropastorale, le procureur du tribunal de première instance de Boké, Amadou Diallo, annonce de nouvelles mesures plus strictes.
En plus de son important potentiel minier, la région de Boké demeure une grande zone d’élevage et d’agriculture. Mais la récurrence des vols de bétail et la dévastation des cultures par les animaux reste une source permanente de litiges entre les communautés.
Face à cette situation, le parquet entend renforcer le contrôle sur la circulation et l’abattage des animaux.
« Nous avons pris des dispositions pour minimiser les nombreux conflits qui assaillent le secteur agricole de Boké. Désormais, il faudrait que les directions préfectorales de l’Élevage et de l’Agriculture acceptent de délivrer des carnets d’identification du bétail aux différents présidents des neuf sous-préfectures de la préfecture de Boké », a expliqué le procureur Amadou Diallo.
Le magistrat insiste également sur la nécessité de mettre fin aux abattages clandestins en brousse.
« Il faudrait que les gens cessent d’abattre les animaux en brousse, parce que chaque animal porte une marque. Désormais, si nous prenons un animal provenant d’une sous-préfecture dont la peau et la tête n’existent pas, les convoyeurs seront interpellés et ceux qui les ont mis en mission seront identifiés et interpellés également », a-t-il prévenu.
Ces annonces ont été bien accueillies par les représentants des éleveurs. Porte-parole du secteur, Elhadj Ibrahima Diallo s’est réjoui des nouvelles orientations.
« Je suis très content de cette rencontre. Elle nous a permis de comprendre les nouvelles mesures afin d’éviter désormais le vol du bétail et la destruction des champs agricoles. Nous allons tous respecter les consignes du procureur », a-t-il assuré.
De son côté, le chef de cabinet du gouvernorat de Boké, Alsény Barry, a rappelé les consignes adressées aux agriculteurs.
« Le procureur a demandé aux agriculteurs de ne pas blesser les animaux, de ne pas les tuer. Quand tu prends un animal dans ton champ, il faut l’attacher tout doucement, le conduire devant une juridiction et porter plainte », a-t-il rapporté.
Dans les prochains jours, le procureur prévoit de poursuivre les concertations avec d’autres éleveurs et agriculteurs de la région afin de vulgariser cette nouvelle stratégie de lutte contre le vol de bétail et la destruction des cultures.














