Le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, s’est exprimé sur la crise de liquidités et la thésaurisation qui affectent l’économie guinéenne. Dans ses explications, il pointe du doigt certains acteurs économiques qui préfèrent conserver d’importantes sommes en espèces plutôt que de les déposer dans le circuit bancaire, sans pour autant modifier le fond de ses propos.
« Ce n’est pas nous qui faisons cette thésaurisation. Un fonctionnaire de faible moyen n’a pas de revenus à stocker. Ça lui permet de vivre. Donc, si des revenus sont stockés, qui les gardent ? Ce sont les grandes entreprises. Mais pourquoi ils le font ? Certains disent : “maintenant, avec tout le système informatique lié à nos comptes, lorsqu’on doit quelque chose à l’État, on ne nous informe même pas. L’État prend son dû.” Ça, c’est un problème. Maintenant, quand vous devez de l’argent à l’impôt, on défalque. Ça, les entreprises ne veulent pas. C’est l’une des explications », indique le ministre.
Poursuivant, le porte-parole du gouvernement évoque un autre aspect lié à la forte circulation du cash dans certains secteurs sensibles de l’économie.
« L’autre aspect, il y a des intérêts à ne pas changer que l’économie soit du cash. Quand vous voyez des gens qui sont dans des affaires d’or et de diamant qui sortent de l’argent à la banque, c’est 20 milliards GNF, 40 milliards GNF, qui sortent pour aller dans les mines. Même si c’est dans les habitudes, ce n’est pas normal. Donc, c’est ce qui justifie qu’un opérateur économique se met en danger en ne se mettant pas en sécurité dans la banque. Donc, il a peur qu’on lui prélève de l’argent. Même s’il doit à l’État, c’est lui qui veut décider à quel moment il paie l’État. Or, ce n’est pas comme ça que marche l’économie, l’État prend son dû », explique-t-il.
Ousmane Gaoual Diallo insiste également sur la question de la traçabilité des ressources financières, qui pousse certains à éviter les banques.
« Et puis, il y a la justification des ressources. Il y en a qui disent que quand ils envoient l’argent à la banque, on leur pose tellement de questions sur l’origine de l’argent que, finalement, ils préfèrent garder l’argent à la maison. Est-ce qu’on doit laisser l’argent venir d’où il vient sans se poser de questions ? Est-ce que la crédibilité de notre pays peut permettre ça ? »
Face à la crise de cash, le gouvernement, explique-t-il, privilégie une double approche entre l’émission de billets et la digitalisation des paiements.
« Quand il y a crise de cash, il y a deux solutions. La première, c’est que l’État continue à fabriquer des billets pour alimenter le marché. La conséquence, c’est que cela appauvrit les gens. Ou bien, on digitalise. On encourage les gens à utiliser les moyens électroniques. C’est ce que nous sommes en train de faire. »
Il ajoute que l’exécutif entend poursuivre ces deux leviers, tout en mettant l’accent sur les paiements numériques : « Bien sûr, on n’enlève pas l’idée de fabriquer des billets, mais on ne va pas injecter des billets de banque au point d’appauvrir nos comptes. Nous faisons les deux. Mais nous encourageons les gens à faire des paiements digitaux. »
Et le porte-parole du gouvernement de résumer les causes profondes de la thésaurisation en ces termes : « Ceux qui gardent de l’argent, ce sont ceux qui ne veulent pas justifier l’origine. C’est compliqué. Quand tu dis à quelqu’un d’aller déposer l’argent et quand il arrive, la banque lui demande où est-ce qu’il a enlevé, quand est-ce que cet argent va revenir ? C’est vrai, on est du gouvernement, mais on a une responsabilité morale. »
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