À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, a dressé un état des lieux sans complaisance du secteur de l’eau en Guinée, tout en réaffirmant l’engagement des autorités à relever les défis.
Dans son intervention, le ministre a insisté sur la dimension humaine et sociale de l’accès à l’eau. « L’accès à l’eau n’est pas seulement une question d’infrastructure, c’est une question de justice, une question de dignité, une question d’égalité », a-t-il déclaré.
Malgré son image de « château d’eau de l’Afrique de l’Ouest », la Guinée reste confrontée à des difficultés persistantes. « Dans certaines de nos villes, de nos quartiers, de nos villages, des femmes, des hommes et des enfants continuent de chercher de l’eau, marcher pour l’eau, d’attendre l’eau et d’espérer l’eau », a-t-il regretté.
Le ministre a également évoqué la pression croissante sur les ressources hydriques, liée à la dynamique démographique. « Notre pays compte aujourd’hui plus de 2,5 millions de ménages avec une croissance démographique rapide, une urbanisation accélérée et une pression croissante sur nos infrastructures », a-t-il souligné.
Malgré les investissements consentis ces dernières années, l’accès à l’eau potable demeure en deçà des attentes. « Cette réalité, nous ne la contournons pas, nous l’assumons pleinement », a affirmé Aboubacar Camara.
Le membre du gouvernement a par ailleurs mis en garde contre les risques futurs, notamment liés au changement climatique. « Si nous continuons sur la même trajectoire, dans une vingtaine d’années, plusieurs de nos localités connaîtront une sécheresse unique et sévère », a-t-il alerté, tout en assurant que des mesures sont prises pour éviter un tel scénario.
Parmi les actions engagées, il a cité la réhabilitation de stations d’eau dans plusieurs villes ainsi que le lancement du projet d’alimentation en eau potable du Grand Conakry, attendu depuis de nombreuses années. « Ces scénarios (…) ne se produiront pas parce que nous sommes engagés, déterminés et mobilisés », a-t-il assuré.
Le ministre a également mis en avant les progrès réalisés : renforcement des réseaux d’adduction d’eau, multiplication des infrastructures urbaines à travers le SNAP, amélioration des capacités de production et de distribution, avec l’appui des partenaires techniques et financiers.
Cependant, les défis restent immenses, notamment sur le plan financier. « Le besoin global d’investissement dans le secteur de l’eau est estimé à date à peu près à 2,4 milliards d’euros », a-t-il indiqué, tout en déplorant une baisse des financements internationaux.
« Pendant que les besoins augmentent, malheureusement, les ressources se raréfient », a-t-il résumé, évoquant notamment la perception d’un faible retour sur investissement dans ce secteur.
Enfin, Aboubacar Camara a plaidé pour un changement d’approche afin de garantir la viabilité des projets. « L’eau doit payer l’eau. Sans cela, aucun investissement ne sera viable », a-t-il conclu, appelant à une mobilisation accrue pour assurer un accès durable et équitable à l’eau potable en Guinée
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