En effectuant récemment une visite au Tribunal de première instance de Dixinn, le ministre de la Justice et des Droits de l’homme a constaté plusieurs déficits et dysfonctionnements. Dans la foulée, les responsables de la juridiction ont dressé un tableau peu reluisant de la situation.
Rappelant que le tribunal couvre les communes de Dixinn, Ratoma, Lambanyi et Sonfonia, le procureur de la République, El Hadj Sidiki Camara, a déploré la pression croissante qui pèse sur l’institution. « Le Tribunal de première instance de Dixinn fait face à une forte densité démographique et à une activité judiciaire soutenue. Cinq magistrats, appuyés par un secrétariat, assurent le fonctionnement du parquet. Avec une moyenne d’environ vingt-cinq procès-verbaux par semaine, le répertoire pénal atteignait récemment 177 affaires criminelles et correctionnelles », a-t-il indiqué.
Pour faire face à cette charge, une note de service en date du 8 décembre 2025 a permis de restructurer le travail autour de quatre bureaux : courrier (arrivée et départ), enrôlement, exécution des décisions et saisie.
Le procureur a également souligné la mise en place d’un système de rotation entre les quatre substituts, dont une femme, chargés d’examiner les procédures transmises par les 39 organes de police judiciaire placés sous leur direction. Des contrôles réguliers des mesures de garde à vue sont effectués conformément à l’article 55 du Code de procédure pénale, afin de prévenir toute rétention arbitraire.
À cela s’ajoutent les opérations de ratissage menées sous la coordination du procureur général, ainsi que la célérité imprimée par les juges d’instruction dans le traitement des dossiers. Toutefois, les moyens demeurent limités : les 17 gardes pénitentiaires, dont l’effectif est jugé insuffisant, assurent un travail soutenu pour garantir la tenue de six audiences correctionnelles et de deux audiences criminelles par semaine, en plus de l’escorte des inculpés.
Au-delà de la surcharge de travail, le tribunal souffre également d’un déficit d’infrastructures. L’achèvement et l’équipement d’un bâtiment moderne et fonctionnel figurent parmi les priorités exprimées au cours de la rencontre.
Tout en reconnaissant les difficultés structurelles, le Garde des Sceaux a, pour sa part, déploré les « retards préoccupants dans le traitement des dossiers, la multiplicité des renvois, l’audiencement de dossiers non prêts, la rédaction tardive des décisions et l’accumulation des procédures ».
Pour le ministre Ibrahima Sory II Tounkara, « ces dysfonctionnements ont des conséquences lourdes. En matière pénale, ils contribuent à l’augmentation du nombre de détenus en attente de jugement, à l’allongement des détentions provisoires et au surpeuplement carcéral, avec des répercussions sanitaires et sociales préoccupantes. En matière civile, ils fragilisent la sécurité juridique et érodent la confiance des justiciables. Une justice qui tarde compromet les droits. »
Avant de conclure en appelant à plus de discipline, d’organisation et au strict respect des délais, afin d’améliorer l’efficacité et la crédibilité de l’institution judiciaire.
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