Coordinateur national de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), le Premier ministre Bah Oury appelle à une structuration inclusive et élargie du futur parti GMD Bâtir Ensemble. Lors d’une intervention devant des partisans du président Mamadi Doumbouya, il a insisté sur la nécessité d’intégrer toutes les composantes sociales, y compris des personnalités à sensibilité religieuse, afin de consolider l’unité nationale et prévenir d’éventuelles tensions.
Revenant sur le processus politique en cours, le chef du gouvernement s’est félicité du climat apaisé qui a marqué les récentes mobilisations. « Vous l’avez fait avec âme, pas d’effusion de sang, pas de violence, avec le renforcement de la fraternité et de l’unité de tous les Guinéens, quelles que soient leurs régions, leurs ethnies. C’est la plus grande victoire que nous avons remportée ensemble », a-t-il déclaré.
Se conformer à la nouvelle charte des partis
Selon lui, la création formelle du parti GMD Bâtir Ensemble est désormais une étape incontournable. Il rappelle que la charte des partis politiques impose la présence d’au moins 11 membres fondateurs par préfecture. Mais pour Bah Oury, l’ambition doit être plus grande.
« Nous devons aller au-delà », affirme-t-il, en proposant la désignation d’au moins 20 membres fondateurs par sous-préfecture. L’objectif est clair : doter le parti d’interlocuteurs enracinés dans les territoires et favoriser une inclusion la plus large possible.
30 % de femmes et diversité socioprofessionnelle
Le coordinateur de la GMD a également insisté sur le respect d’un quota minimum de 30 % de femmes dans les listes de membres fondateurs, condition indispensable pour leur validation.
Au-delà des critères numériques, il appelle à une représentation équilibrée des différentes couches sociales : artisans, acteurs économiques locaux, personnalités reconnues dans les communautés, même si elles ne sont ni fonctionnaires ni salariées. « Ce sont des éléments moteurs de la vie socio-politique et socio-économique des localités. C’est à travers eux que les populations se reconnaissent », a-t-il souligné.
Il met en garde contre une composition trop élitiste ou exclusivement « lettrée ». « Sinon, on va se créer des problèmes », prévient-il, évoquant notamment les personnes formées dans d’autres systèmes éducatifs, y compris arabophones, qui pourraient se sentir marginalisées.
Intégrer les sensibilités religieuses pour prévenir les tensions
Dans cette logique d’inclusion, Bah Oury encourage l’intégration de personnes ayant une sensibilité religieuse parmi les membres fondateurs. Sans confondre engagement politique et institutions religieuses, il estime qu’il est important de prendre en compte cette dimension sociétale.
« Les religieux, je ne dis pas des religieux institutionnels, eux diront que c’est la mosquée ou l’église qui les concerne. Mais il y a des personnes qui ont une sensibilité religieuse. Faites en sorte de les intégrer dans les systèmes fondateurs », recommande-t-il.
Pour le coordinateur national de la GMD, cette démarche vise avant tout à anticiper d’éventuelles fractures. « Mieux vaut prévenir que guérir », conclut-il, en appelant à bâtir un parti capable de rassembler toutes les diversités guinéennes autour d’un même projet politique.
tabala.info














