Le ministre Secrétaire général du Gouvernement, Benoît Kamano, défend la loi récemment adoptée par le Conseil national de la transition (CNT), accordant des privilèges encadrés aux anciens chefs d’État guinéens. Pour lui, ce texte répond à une double exigence : honorer la fonction présidentielle tout en renforçant la responsabilité et la transparence au sommet de l’État.
Selon le ministre, la loi prévoit une pension spéciale pour les anciens présidents, tout en encadrant strictement le non-cumul avec d’autres pensions à la charge du Trésor public. « Les avantages en nature sont clairement définis, tout comme les devoirs. La transparence, ici, est un impératif de bonne gouvernance », a-t-il expliqué.
Benoît Kamano a insisté sur le fait que la justice sociale doit rester au cœur de la démarche. « L’honneur accordé ne doit jamais se traduire par une rupture de solidarité avec le citoyen. La République honore, la République exige, la République protège, mais la République contrôle », a-t-il martelé.
Il a surtout souligné que ces avantages ne constituent pas un acquis automatique. « Cette loi est indissociable des devoirs : dignité, patriotisme, loyauté envers l’État et obligations de ne jamais divulguer les secrets d’État », a-t-il précisé. Le texte prévoit également des interdictions destinées à prévenir les conflits d’intérêts et toute confusion entre l’ancien statut présidentiel et l’exercice du pouvoir exécutif en cours. « C’est une mesure de préservation de l’intégrité institutionnelle », a-t-il ajouté.
Pour le ministre, cette réforme s’inscrit pleinement dans la construction de la Ve République. « Nous posons une pierre utile dans l’architecture d’un État plus prévisible, où les statuts sensibles sont clarifiés, où les droits sont bornés et où les responsabilités sont écrites », a-t-il déclaré. Selon lui, la Ve République ne se limite pas à un changement de numérotation : elle incarne une culture du droit, où la règle remplace l’exception et où le service public prime sur les pratiques informelles.
Au nom du gouvernement, Benoît Kamano a exprimé sa gratitude au CNT, à son président et à toutes les expertises ayant contribué à l’élaboration du texte. Il a également salué le rôle des forces de défense et de sécurité, ainsi que des administrations financières et budgétaires, appelées à traduire la loi en pratiques administratives « claires, sobres et contrôlables ».
« Ce texte n’est pas pour un camp, il est pour la République. Il n’est contre personne, il est pour la stabilité. Ce n’est pas une dépense de prestige, mais un instrument d’ordre, de continuité et de paix institutionnelle », a conclu le ministre, estimant que l’adoption de cette loi fait avancer la Guinée vers « un État plus solide, plus respecté, plus équitable et qui protège avec discernement »
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