À la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le président Mamadi Doumbouya a consacré une partie importante de son intervention à la question de la gouvernance en Afrique. Le chef de l’État guinéen a réaffirmé sa conviction selon laquelle les modèles de gouvernance doivent être adaptés aux réalités historiques, sociales et culturelles de chaque pays. Son intervention s’inscrit dans une prise de parole où il a également présenté la trajectoire politique et économique de la Guinée depuis trois ans.
Revenant sur son précédent passage à la tribune des Nations Unies, Mamadi Doumbouya a rappelé avoir, il y a trois ans, tenu « un discours de vérité » sur les difficultés liées à l’application de modèles de gouvernance importés sur le continent africain.
« J’avais dit que le modèle de gouvernance importé, sans adaptation, sur notre continent, peinait à porter les fruits attendus par nos populations. Je le maintiens », a-t-il déclaré.
Mais cette fois, le président guinéen affirme être venu avec une approche différente.
« Non pour dénoncer, mais pour partager quelques éléments factuels, avec le respect dû à cette assemblée, du chemin que la République de Guinée a choisi de tracer et des résultats que ce choix a produits », a-t-il expliqué.
Au cœur de son argumentaire, Mamadi Doumbouya a évoqué la nouvelle Constitution guinéenne. Selon lui, celle-ci ne serait pas une simple reproduction d’un modèle extérieur, mais une loi fondamentale façonnée à partir des réalités nationales.
« La République de Guinée s’est dotée d’une nouvelle Constitution. Non pas une Constitution calquée sur un modèle extérieur, mais une Loi fondamentale façonnée par le peuple guinéen lui-même, discutée, amendée et adoptée par voie référendaire, à l’image de sa propre histoire et de sa propre diversité », a-t-il affirmé.
Le chef de l’État a également mis en avant ce qu’il présente comme des innovations en matière de représentation et de vivre-ensemble.
Il a notamment cité « une représentation renforcée de nos terroirs et de nos communautés », des garanties nouvelles pour « l’alternance de gouvernance participative » ainsi que la reconnaissance de la pluralité linguistique, religieuse et culturelle comme « fondement de l’unité sacrée nationale ».
Pour le président guinéen, cette expérience nourrit une conviction plus large concernant l’avenir de l’Afrique.
« Lorsque les modèles de gouvernance sont adaptés aux réalités historiques, sociales et culturelles de chaque nation, plutôt qu’importés sans discernement, le développement s’accélère », a-t-il soutenu.
Mamadi Doumbouya a cité en exemple certains pays d’Asie et du Proche-Orient, estimant qu’ils ont su s’inspirer des expériences internationales tout en les adaptant à leur propre contexte.
« En une génération, ils ont accompli ce que d’autres ont mis un siècle à réaliser », a-t-il déclaré.
Dans cette logique, le président guinéen estime que l’Afrique peut également tracer sa propre voie, sans pour autant se couper du reste du monde.
« L’Afrique peut, elle aussi, emprunter cette voie. Ce n’est pas un rejet du monde ni de la coopération internationale, bien au contraire », a-t-il assuré.
Son message à la communauté internationale repose ainsi sur un partenariat qu’il souhaite fondé sur le respect des souverainetés et sur la « co-construction gagnant-gagnant ».
« La République de Guinée, pour sa part, reste et restera un partenaire fiable, ouvert et engagé envers l’ensemble de la communauté internationale, dans le respect mutuel des souverainetés », a ajouté le chef de l’État.














