Le président Mamadi Doumbouya s’est adressé au peuple de Guinée pour évoquer le départ à l’étranger d’Amadou Damaro Camara, ancien président de l’Assemblée nationale, et d’Ibrahima Kassory Fofana, ancien Premier ministre, tous deux condamnés par la justice guinéenne.
Dans une adresse solennelle, le chef de l’État a tenu à rappeler que les décisions rendues par la justice demeurent pleinement valables, tout en justifiant la décision prise au regard de l’état de santé des deux anciens responsables.
« Sur les questions qui touchent à la conscience de la Nation, le Chef de l’État se doit de parler lui-même », a déclaré Mamadi Doumbouya, avant de s’adresser directement aux Guinéens « sans intermédiaire » au sujet du départ à l’étranger d’Amadou Damaro Camara et d’Ibrahima Kassory Fofana.
Le président de la transition a d’abord insisté sur ce qui, selon lui, ne change pas malgré le départ des deux anciens hauts responsables à l’étranger.
« La justice guinéenne a été saisie. Elle a instruit, elle a jugé, elle a condamné. Elle l’a fait souverainement, au nom du peuple guinéen et de lui seul », a-t-il rappelé.
Selon lui, les décisions de justice prononcées à l’encontre des deux anciens dirigeants restent pleinement en vigueur.
« Les décisions rendues conservent l’intégralité de leur autorité : aucune d’entre elles n’est effacée, aucune n’est révisée, aucune n’est négociée », a martelé le chef de l’État.
Pour Mamadi Doumbouya, le principe selon lequel nul ne doit être au-dessus de la loi demeure au cœur de la refondation engagée en Guinée.
« Le principe qui fonde la refondation de notre pays demeure intact, nul n’est au-dessus de la loi, quelles qu’aient été ses fonctions », a-t-il ajouté.
Tout en réaffirmant la portée des décisions de la justice, le président de la transition a expliqué que la situation sanitaire des deux anciens responsables a également été prise en compte.
« Mais un État fort n’est pas un État sans cœur. L’état de santé de ces deux hommes a été porté à ma connaissance et documenté. Face à la souffrance d’un être humain, j’ai estimé que la République ne pouvait détourner le regard », a-t-il expliqué.
Cette déclaration intervient alors que les départs à l’étranger des deux anciens hauts responsables, dans le cadre de leur prise en charge médicale, suscitent des réactions dans le débat public guinéen.














