Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine (UA) s’est achevé ce dimanche 15 février à Addis-Abeba sur un message de fermeté : aucune complaisance ne sera accordée aux changements de pouvoir anticonstitutionnels. Durant deux jours, les chefs d’État et de gouvernement ont planché sur les grandes crises qui secouent le continent, avec en toile de fond la montée du terrorisme au Sahel et la persistance de plusieurs conflits armés.
Selon RFI, à l’issue des travaux, le nouveau président en exercice de l’organisation, le Burundais Évariste Ndayishimiye, et le président de la Commission de l’UA, le Djiboutien Mahmoud Ali Youssouf, ont présenté les conclusions lors d’une conférence de presse finale.
« Aucune tolérance » face aux putschs
« L’Union africaine n’aura aucune tolérance pour les changements de pouvoir anticonstitutionnels », a martelé Mahmoud Ali Youssouf. Une déclaration qui intervient alors que plusieurs transitions militaires sont en cours sur le continent, notamment en Guinée et au Gabon, et que des processus politiques sont suivis de près en Guinée-Bissau et à Madagascar par des envoyés spéciaux de l’organisation panafricaine.
Concernant les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — le Mali, le Niger et le Burkina Faso — l’UA entend maintenir le dialogue avec les régimes militaires en place. Selon Mahmoud Ali Youssouf, la « prolifération des groupes terroristes » dans la région constitue aujourd’hui « le plus gros problème ».
Déjà désigné en juillet 2025 comme envoyé spécial de l’UA pour le Sahel, Évariste Ndayishimiye a réaffirmé sa volonté de renforcer la coopération régionale pour lutter contre les groupes jihadistes. Sans évoquer une réintégration immédiate des États de l’AES au sein de l’organisation, il a insisté sur la nécessité de « créer des solidarités entre les États de la région » et d’accompagner ces pays vers un retour rapide à l’ordre constitutionnel, tout en les aidant à stabiliser leurs institutions.
Dans cette dynamique, la création prochaine d’une « plateforme commune » regroupant dix-huit pays sur les questions sécuritaires a été annoncée, sans calendrier précis. Par ailleurs, les chefs d’état-major de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), considérée comme un pilier de l’UA, doivent se réunir à Freetown, en Sierra Leone, du 24 au 27 février pour discuter de leur participation à la force en attente de l’organisation régionale dans la lutte antiterroriste.
L’Union africaine a également réaffirmé sa détermination à « faire taire les armes » sur le continent. Toutefois, tous les conflits n’ont pas été publiquement abordés lors de la conférence finale. Le dossier du Soudan, en proie à une guerre dévastatrice, n’a pas été évoqué par la présidence tournante ni par le président de la Commission.
Le chef du département des Affaires politiques, Paix et Sécurité de l’UA, Adeoye Bankole, a néanmoins insisté sur l’importance d’un accès humanitaire garanti et d’une meilleure coordination internationale pour éviter que le conflit soudanais ne déstabilise davantage les pays voisins.
Répondant aux critiques sur l’inefficacité supposée du Conseil de paix et de sécurité, il a reconnu l’existence de défis persistants, tout en assurant que l’organe « n’élude en aucun cas ses responsabilités » et mène des missions de terrain dans la quasi-totalité des pays confrontés à l’instabilité.
Au terme de ce 39ᵉ sommet, l’Union africaine affiche ainsi une double ambition : restaurer l’ordre constitutionnel là où il est fragilisé et renforcer la solidarité sécuritaire face à la menace terroriste, tout en réaffirmant son rôle central dans la gestion des crises africaines.
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