La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a présenté la vision du gouvernement pour garantir que le programme Simandou 2040 contribue à une transformation durable et équilibrée de l’économie guinéenne, sans que le secteur minier n’éclipse les autres domaines d’activité.
Selon elle, conformément aux orientations définies dans le cadre du programme Simandou 2040 et sous l’impulsion du Comité stratégique Simandou, les ressources publiques seront orientées prioritairement vers des investissements structurants capables de transformer durablement l’économie et de la diversifier.
« Conformément aux orientations dans le cadre du programme Simandou 2040 et sous l’impulsion du comité stratégique Simandou, les ressources publiques seront orientées prioritairement vers les investissements structurants capables de transformer durablement notre économie et la diversifier », a-t-elle déclaré.
Ces investissements concerneront plusieurs secteurs clés, notamment le développement du capital humain, considéré comme un levier indispensable du progrès. Ils porteront également sur la modernisation des infrastructures stratégiques, l’amélioration de l’accès à l’énergie, ainsi que le développement des corridors logistiques, en particulier autour des infrastructures mises en place dans le cadre du programme Simandou.
La ministre a aussi insisté sur le développement et la transformation de l’agriculture, qu’elle qualifie de pilier essentiel de la sécurité alimentaire, de l’emploi rural et de la diversification économique.
Dans cette dynamique, une attention particulière sera accordée à la promotion du contenu local afin que les retombées économiques du projet profitent davantage aux acteurs nationaux.
« Et particulièrement une attention sera accordée à la promotion du contenu local afin que le développement et les bénéfices du projet Simandou soient maximisés et que nos travailleurs guinéens, nos entreprises guinéennes puissent aussi bénéficier », a-t-elle affirmé.
Pour atteindre cet objectif, le gouvernement prévoit un renforcement des capacités des petites et moyennes entreprises (PME). Dans le cadre du programme Simandou 2040, des programmes d’assistance sont envisagés pour soutenir les PME et leur permettre de mieux se positionner face aux entreprises internationales.
« Dans le cadre du programme Simandou 2040, il est prévu des programmes d’assistance aux PME afin de les renforcer, inclus en utilisant des outils qui sont en place, tels que la bourse de sous-traitance de partenariat, dont on peut amplifier le travail, mais aussi en utilisant d’autres outils de financement », a expliqué la ministre.
Elle souligne que les entreprises locales ont besoin non seulement de compétences techniques, mais aussi de moyens financiers suffisants pour rivaliser avec les sous-traitants internationaux.
« Parce que les PME locales, pour qu’elles puissent se compétir avec les sous-traitants internationaux, ont besoin, en plus des capacités, des moyens financiers », a-t-elle précisé.
Dans cette optique, le gouvernement prévoit de renforcer certains mécanismes existants, notamment le fonds de garantie des PME, tout en mettant en place d’autres instruments de financement.
« Donc on a aujourd’hui un fonds de garantie des PME, par exemple, qu’on prévoit d’amplifier dans le cadre du programme Simandou 2040, mais aussi de mettre en place d’autres outils d’accès au financement qui pourront faciliter l’émergence d’un écosystème d’entreprises locales capables de pouvoir capturer des contrats, des bénéfices dans le cadre du programme Simandou 2040 », a-t-elle indiqué.
La ministre a également évoqué les risques liés au « syndrome hollandais », un phénomène économique qui touche certains pays riches en ressources naturelles.
« Le syndrome hollandais, c’est souvent ce syndrome qui arrive aux pays qui ont des ressources naturelles. Donc la ressource devient le focus de tout le monde au niveau de l’économie. Donc ça fait que tous les autres secteurs sont abandonnés. L’agriculture, l’industrie, par exemple », a-t-elle expliqué.
Selon elle, l’afflux de devises généré par les ressources naturelles peut entraîner une appréciation de la monnaie nationale, rendant les exportations moins compétitives.
« Et avec les devises qui rentrent au pays avec ce syndrome, la monnaie s’apprécie. Donc ça rend nos exportations moins compétitives parce qu’elles vont coûter cher », a-t-elle ajouté.
Pour éviter ce phénomène, plusieurs mécanismes sont envisagés par les autorités guinéennes, dont la création d’un fonds souverain.
« Le premier, c’est le fonds souverain. Parce qu’il nous permettra de stabiliser et même aux besoins d’investir à l’étranger afin d’éviter une surchauffe de notre économie avec un trop-plat, peut-être, de devises qui rentrent », a-t-elle expliqué.
Parallèlement, le gouvernement entend poursuivre les investissements dans l’agriculture et l’industrie afin de soutenir ces secteurs et garantir un développement économique équilibré.
« Mais on a aussi les investissements dans l’agriculture, dans l’industrie, qui nous permettront de développer ces secteurs afin que les mines ne prennent pas prédominance complète sur l’économie locale. Donc c’est ce qu’on a prévu pour cela », a-t-elle insisté.
Pour Mariama Ciré Sylla, le programme Simandou 2040 dépasse largement le cadre d’un simple projet économique.
« Le programme Simandou 2040 n’est pas seulement un programme de développement. C’est le projet de toute une nation. C’est un engagement collectif de bâtir une Guinée plus forte, plus prospère et pleinement maîtresse de son destin », a-t-elle conclu
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