À l’occasion de la cérémonie d’accueil des 300 enseignants-chercheurs recrutés, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Diaka Sidibé, a prononcé un discours marqué par un ton à la fois solennel et exigeant.
Dès l’entame, la ministre a souligné la portée stratégique de cette intégration massive :
« Nous vivons aujourd’hui un moment important pour l’avenir académique de notre pays. L’intégration de trois cents (300) enseignants-chercheurs titulaires du doctorat dans nos Institutions d’Enseignement Supérieur n’est pas un simple événement administratif. C’est un acte politique fort, un choix stratégique du Gouvernement et un investissement massif dans le capital humain universitaire. »
Elle a rappelé le contexte dans lequel intervient ce recrutement :
« Notre système universitaire connaît une croissance rapide des effectifs étudiants, une montée en puissance des cycles Master et Doctorat, une pression accrue sur les enseignants de rang magistral, une exigence internationale croissante en matière de qualité scientifique. »
Évoquant les difficultés structurelles du passé, la ministre a reconnu :
« Pendant longtemps, nous avons fonctionné avec moins de 10 % d’enseignants de rang magistral, un encadrement doctoral insuffisant, une faible capacité à mobiliser des financements compétitifs. »
Après le recrutement de 155 enseignants-chercheurs en octobre 2024, elle estime qu’un nouveau cap est franchi :
« Après le recrutement de 155 enseignants-chercheurs en octobre 2024, nous franchissons aujourd’hui une nouvelle étape avec 300 recrutements supplémentaires. Au total, en moins de deux ans, 450 docteurs auront été intégrés dans notre système. C’est inédit dans l’histoire de l’enseignement supérieur guinéen. »
La ministre a insisté sur l’évaluation des premiers recrutements :
« Je veux être claire : nous ne parlons pas d’intentions. Nous parlons de résultats mesurables. »
Selon elle, l’évaluation de la cohorte recrutée en octobre 2024 affiche :
« un score moyen global de performance proche de 78 %, plus de 54 % des enseignants classés “Satisfaisant” ou “Excellent”, un volume d’heures d’enseignement réalisées largement supérieur aux obligations statutaires, 487 cours dispensés sur l’année universitaire ; une implication réelle dans la continuité pédagogique. »
Des avancées concrètes qui se traduisent, précise-t-elle, par « moins de vacances de cours, moins de retards académiques, une meilleure stabilité des programmes, un encadrement plus structuré des Masters ». « Ce sont des résultats encourageants », a-t-elle affirmé.
S’adressant directement aux nouveaux enseignants-chercheurs, Diaka Sidibé a rappelé l’ampleur de leur mission :
« Chers enseignants-chercheurs, votre mission dépasse l’enseignement. Vous êtes recrutés pour transformer la qualité des maquettes, la rigueur méthodologique, l’encadrement doctoral, la culture de publication, la capacité de montage de projets et le transfert de compétences. Je le dis solennellement. »
Elle a conclu sur une exigence de redevabilité et de performance :
« Désormais, chaque enseignant-chercheur aura un cahier de charges, chaque activité devra être traçable, chaque encadrement devra être documenté, chaque co-publication devra refléter une contribution réelle, chaque projet soumis devra être justifié. La performance ne sera plus déclarative. Elle sera évaluée. »
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