Le président du Conseil national de la transition, Dansa Kourouma, a présidé la première plénière de l’année 2026 consacrée au vote de la loi organique portant statut des anciens présidents de la République, anciens chefs de l’État et de leurs conjoints. Un texte qui fixe les avantages, privilèges et mesures de protection destinés à garantir la dignité et l’honorabilité attachées à la fonction suprême.
Dans un discours empreint de gravité, le patron du CNT a replacé l’adoption de cette loi dans un contexte africain qu’il qualifie de « particulier », où l’exercice du pouvoir demeure un chemin complexe, souvent traversé de tensions, d’interrogations et de contradictions.
« En Afrique et en Guinée plus particulièrement, la responsabilité suprême de diriger l’État est souvent vécue comme une épreuve exigeante, parfois solitaire, où se croisent l’incertitude du lendemain et la pression constante du jugement public », a-t-il souligné.
Pour Dansa Kourouma, une question hante depuis des décennies l’histoire politique de nombreux États du continent : « Faut-il se retirer du pouvoir au risque d’un effacement brutal de l’œuvre accomplie, ou s’y maintenir au prix de fractures institutionnelles et sociales préjudiciables à la stabilité nationale ? »
Selon lui, ce dilemme, souvent affronté en l’absence de mécanismes institutionnels clairs et crédibles, a durablement fragilisé la gouvernance en Afrique. D’où la nécessité, insiste-t-il, d’instaurer un cadre légal solide pour encadrer l’après-pouvoir.
Le président du CNT a précisé que la loi adoptée s’inscrit dans la dynamique de refondation de l’État engagée sous le leadership du président de la République, le général Mamadi Doumbouya. Il a tenu à dissiper toute ambiguïté : le texte, a-t-il affirmé, « ne procède ni d’une faveur discrète, consentie dans la confidentialité des bureaux, ni d’un privilège accordé à quelques individus ».
« Elle consacre au contraire un engagement solennel de la République, celui de garantir une continuité de dignité et de protection après la vie consacrée au service de la Nation », a déclaré Dansa Kourouma devant les membres du gouvernement, les conseillers nationaux et les invités.
Le texte traduit, selon lui, un devoir de reconnaissance de l’État envers celles et ceux qui ont exercé les plus hautes responsabilités publiques, parfois au prix de lourds sacrifices personnels, mettant en jeu leur sécurité, leur liberté, voire leur vie.
L’objectif affiché est clair : éviter que l’engagement au sommet de l’État ne se termine « ni dans l’oubli, ni dans la précarité », mais dans le respect, la considération et la stabilité institutionnelle. Une démarche qui, selon le président du CNT, vise aussi à renforcer la crédibilité de l’État face aux épreuves de l’histoire.
En conclusion, Dansa Kourouma a appelé les conseillers nationaux à la responsabilité, rappelant que les avantages prévus par la loi « ne sauraient être assimilés à un quelconque chèque en blanc ». Il a assuré que le texte a été élaboré « dans la rigueur et dans l’exigence de la conformité avec la Constitution et les bonnes pratiques en la matière ».
Avec cette loi, le CNT entend ainsi poser un jalon institutionnel majeur, dans l’espoir de contribuer à apaiser le rapport au pouvoir et à encourager, à l’avenir, des transitions plus sereines au sommet de l’État.
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