À l’occasion de la prestation de serment du président Mamadi Doumbouya, le président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, a rappelé au chef de l’État que, dans un pays riche de sa diversité mais fragilisé par ses divisions passées comme la Guinée, l’unité nationale doit être la priorité absolue de son mandat de sept ans.
« Monsieur le Président de la République, bâtisseur de la nation, soyez ce pilier inébranlable autour duquel la Guinée pourra enfin construire sa prospérité. Si vous tenez la ligne, alors l’histoire retiendra que vous n’avez pas seulement occupé le pouvoir, mais que vous l’avez exercé sur des socles indestructibles », a déclaré Fodé Bangoura, avant de lui souhaiter « plein succès dans l’accomplissement de [sa] noble mission, sous la protection divine ».
Dans une adresse solennelle, le président de la Cour suprême a insisté sur la portée du serment présidentiel. « En cet instant où la nation vous confie sa destinée, il est de mon devoir non seulement de recevoir votre serment, mais aussi de vous rappeler l’immensité de la charge qui pèse désormais sur vous. La Constitution de 2025, texte fondateur de notre renouveau démocratique, ne vous confère pas seulement des titres ; elle vous assigne des missions sacrées. Vous êtes l’incarnation de l’État et le symbole vivant de l’unité nationale », a-t-il martelé.
Poursuivant, Fodé Bangoura a souligné que « la personne du président s’efface derrière la fonction » pour garantir la continuité de l’État en toutes circonstances. « Vous êtes le rempart ultime, le garant intransigeant de notre indépendance et de l’intégrité de notre territoire. Gardien de la loi fondamentale, votre première allégeance va à la Constitution. Vous devez veiller scrupuleusement à son respect ainsi qu’à celui des traités internationaux qui engagent la Guinée », a-t-il rappelé.
En tant qu’arbitre suprême, le chef de l’État est appelé à assurer « le fonctionnement régulier et harmonieux des pouvoirs publics », veillant à ce que l’exécutif, le législatif et le judiciaire, ainsi que l’ensemble des institutions prévues par la Constitution, concourent au bien commun. « Chef de l’exécutif, la Constitution vous donne le mandat clair de déterminer et de conduire la politique de la nation. Ce pouvoir est aussi une responsabilité humaine : nommer avec discernement les serviteurs de l’État, du Premier ministre aux officiers généraux, en passant par les hauts fonctionnaires civils », a précisé M. Bangoura.
S’agissant de la défense, il a rappelé au président qu’il est « le chef suprême des armées », président du Conseil supérieur de la défense nationale, et qu’il porte la responsabilité de la sécurité des citoyens. « Si des périls menacent la nation, la Constitution vous confie des pouvoirs exceptionnels, strictement encadrés par le droit. La force doit toujours rester l’alliée de la légalité », a-t-il averti.
Avec un Parlement désormais bicaméral, a-t-il ajouté, le président partage l’initiative des lois, promulgue les textes votés par l’Assemblée nationale et le Sénat, et peut s’adresser à eux par message. « Si la Constitution vous accorde le pouvoir de dissoudre l’Assemblée, elle vous invite surtout à la collaboration, notamment avec le Sénat, dont l’avis doit éclairer vos nominations aux hautes fonctions », a-t-il noté.
Sur la justice, le message a été sans équivoque : « Envers la justice, votre devoir est celui de la protection sans ingérence. Vous êtes le garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, assisté par le Conseil supérieur de la magistrature. Vous détenez également, comme ultime recours d’humanité, le droit de grâce ».
Enfin, Fodé Bangoura a rappelé que le président est « le premier diplomate de la nation ». À ce titre, il lui revient de « conduire la politique extérieure du pays, de négocier et de faire ratifier les traités, et d’accréditer les ambassadeurs chargés de porter la voix de la Guinée dans le concert des nations »
tabala.info














