Dix militants d’extrême droite britanniques ont été interdits de territoire en France pour des actions menées contre des migrants sur le littoral du Nord et du Pas-de-Calais, a annoncé mercredi 14 janvier le ministère français de l’Intérieur. Ces militants sont soupçonnés de s’en prendre à des personnes tentant de rejoindre le Royaume-Uni par la Manche.
Selon le ministère, les services de l’État avaient été alertés « à plusieurs reprises, et par différents acteurs », de la présence d’activistes du mouvement d’extrême droite « Raise the Colours ». Ces derniers se livraient notamment à des actions de destruction de « small boats », les petites embarcations utilisées par les migrants pour traverser la Manche. Des agissements jugés « de nature à occasionner de graves troubles à l’ordre public ».
En conséquence, des mesures d’interdiction administrative du territoire ont été prises mardi 13 janvier à l’encontre de dix ressortissants britanniques identifiés comme militants de ce mouvement. « Dès lors, l’entrée et le séjour en France leur sont interdits », précise le ministère de l’Intérieur.
« Cela ne suffira pas à empêcher que d’autres ne viennent, ni à leurs idées de se propager », a réagi l’association Utopia 56. « C’est absolument scandaleux. (…) Cet homme [Laurent Nuñez, ministre français de l’Intérieur, NDLR] va interdire l’accès à la France aux citoyens britanniques qui tentent d’empêcher les immigrants clandestins de traverser la Manche, tout en ne faisant absolument rien pour expulser les immigrants qui se trouvent illégalement dans la région de Calais », a quant à lui rétorqué le mouvement d’extrême droite sur le réseau social X.
Forte pression migratoire
La justice française avait ouvert une enquête préliminaire pour « violences aggravées » après des faits survenus dans la nuit du 9 au 10 septembre à Grand-Fort-Philippe, près de Dunkerque. Quatre hommes arborant des drapeaux anglais et britanniques avaient alors agressé verbalement et physiquement un groupe de migrants, leur déclarant qu’ils n’étaient pas les bienvenus en Angleterre et leur volant certaines de leurs affaires, selon le témoignage transmis à l’AFP par Félicie Penneron, coordinatrice de l’association Utopia 56 près de Dunkerque.
Ces incidents interviennent dans un contexte de forte pression migratoire. Depuis le début de l’année 2025, 41 472 migrants ont réussi à traverser la Manche depuis la France à bord de petites embarcations pour rejoindre la Grande-Bretagne, soit le deuxième chiffre le plus élevé jamais enregistré après le record de 2022.
Un accord a été signé cet été entre Paris et Londres pour tenter d’endiguer ces traversées, prévoyant le renvoi en France de migrants arrivés au Royaume-Uni par petits bateaux, en échange de l’accueil par Londres de migrants se trouvant en France, selon le principe du « un pour un ».
RFI














