Le coup de fil entre les chefs d’État Gustavo Petro et Donald Trump, mercredi 7 janvier, a, certes, mis fin à plusieurs semaines de tensions diplomatiques. Mais il a surtout rebattu les cartes à trois mois des législatives de mars et six mois de la présidentielle de mai 2026.
Drapeaux colombiens et étendards à l’effigie de Simón Bolívar, vuvuzelas aux couleurs nationales, chants patriotiques et slogans rageurs contre une éventuelle intervention américaine : le mercredi 7 janvier, la place Bolívar vibrait d’une ferveur nationaliste. Plus de 30 000 personnes, selon les estimations, y scandaient « Es Colombia, no colonia » (« C’est la Colombie, pas une colonie »). Elles étaient venues défendre la souveraineté de leur pays face aux menaces de Washington, réitérées au soir de l’enlèvement du président vénézuélien, Nicolas Maduro.
Mais, quelques heures plus tard, du haut de la tribune, le président Gustavo Petro annonçait avoir parlé au téléphone avec Donald Trump. Un premier contact direct depuis le début du second mandat du président américain. Ce coup de fil diplomatique a permis de désamorcer une crise née et alimentée sur les réseaux sociaux, où les deux dirigeants s’étaient livrés à un échange de menaces, d’insultes et de critiques publiques.
« Ça peut avantager la gauche comme la droite »
Pour Yann Basset, professeur de sciences politiques à l’université del Rosario de Bogota, cet événement a rebattu les cartes de la campagne. « Effectivement, ça provoque pas mal de peur. Et si ça provoque de la peur, on se dit que l’électorat, dans un réflexe un peu conservateur, va se diriger vers un candidat plutôt acceptable pour les États-Unis, donc un candidat de droite, analyse-t-il. Mais ça provoque aussi de l’indignation. Et ça, ça peut avantager la gauche. »
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